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Les parents de Lucie Trezzini sont résolus à se battre pour l'alerte enlèvement
Muriel Jarp - le 12 mars 2009, 22h26
Le Matin Bleu
Le Conseil des Etats a enfin tapé sur la table. Par 38 voix contre 1, il exige que le Conseil fédéral prenne sans attendre le dossier alerte enlèvement en main. Partout en Suisse, l'émotion est grande et catalyse les forces.
Et s'il y en a bien un qui est décidé à se battre, c'est Roland Trezzini, le père de Lucie, sauvagement tuée mercredi dernier par un récidiviste. «L'Etat a une grande responsabilité dans la mort de Lucie, confie-t-il alors qu'il est en pleine préparation des obsèques. J'aurais beaucoup de choses à dire à Mme Widmer-Schlumpf», lance Roland Trezzini, avant que sa voix ne flanche.
Le drame aurait-il pu être évité avec un système anti-enlèvement? Le porte-parole de la FedPol, Guido Balmer, affirme qu'il s'agit là d'un cas de disparition et pas d'un enlèvement: «L'annonce a été faite 11heures après la disparition. Même en France, le système n'aurait pas été activé.»
Le plus rageant, c'est peut-être que, outre des aspects financiers ou juridiques, on évoque des difficultés techniques. Or des privés ont réalisé des systèmes alertes enlèvement très au point, comme celui du Genevois spécialiste en cyberhacking Lorin Voutat. «Peut-être que le chauffeur de taxi aurait vite pu contacter la police. Si tout était centralisé, les choses auraient été différentes.»
La National doit se prononcer prochainement. D'ici là, les 75000 membres du groupe de soutien pour la famille sur Facebook accéléreront peut-être les choses. Les parents ont d'ailleurs lancé l'idée de manifestations à Berne, à Zurich et à Genève: «Derrière cet hommage à Lucie, on espère faire accélérer les recherches en cas de fugues ou d'enlèvements», souffle le père.
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Catégorique «L’Etat a une grande responsabilité dans la mort de ma fille» Le papa de Lucie. Il veut que ce meurtre serve au moins la cause de l’alerte enlèvement. |
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Le meurtrier a tué la jeune fribourgeoise pour retourner en Prison |
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«L’alerte enlèvement a aussi ses limites» «L’alerte enlèvement, c’est bien. Mais elle a aussi ses limites, surtout pour les ados», estime un policier qui a longtemps travaillé pour la Brigade des mineurs dans le canton de Genève. Il faut savoir que chaque nuit, dans chaque ville de Suisse, des adolescents et adolescentes de 15 ou 16 ans – parfois moins – sont signalés disparus à la police parce qu’ils sont en retard ou parce qu’ils ont fugué suite à une dispute avec leurs parents, le petit copain ou la petite copine. «Comme c’est le cas en France et en Angleterre, il s’agit de respecter des critères très précis avant de déclencher cette alerte», poursuit un gradé de la police. Qui évoque notamment l’âge de l’enfant disparu. – Valérie Duby |